Chers amis,

Comme chaque année, c’est avec beaucoup de plaisir que je vous accueille dans ce Palais des Congrès pour la cérémonie des vœux. Permettez-moi de vous souhaiter une très belle année 2015. Je forme pour vous des vœux de succès, des vœux de santé parce que c’est la base de tout, et puis des vœux de bonheur parce que ça aide et que je ne me lasse pas de constater l’éternelle modernité des bonheurs simples.

LA GIRAFE

Oui le député que je suis n’oublie pas en effet que sa circonscription a été traversée en 1826 par ZARAFA. Oui, une girafe … ou plus exactement une girafone (elle ne mesurait que 4 mètres) Girafone : mammifère ongulé, artiodactyle, à la langue bleue, qui marche de façon décalée, et qui grâce à son long cou: voit toujours plus haut, toujours plus loin ! « La petite » ZARAFA, qui avait été offerte par le Pacha d’Egypte à Charles X peut être un véritable symbole. A l’époque, elle traversa plus de 2500 kms, pour un nouveau monde. Si le périple peut paraître tout à fait anodin, il n’en n’était pas moins un exploit au XIXème siècle.

L’ANNIVERSAIRE

20 ans …j’allais dire déjà … 1995 : je suis votre député, je deviens votre maire 20 ans de passion pour une Ville (notre Ville), 20 ans d’amour pour vous tous Quelques cheveux blancs plus tard (comme disait ma grand-mère « vieillir est un jeu d’enfant »), la passion reste intacte. Pas mal de chemin parcouru pourtant.

Souvenez-vous,
1995 la création du bureau des Associations, l’Agence de Développement, la nouvelle Place Fleury

1996, l’usine de dépollution Monge, nouvel abattoir, les terrasses en centre-ville, le 1er Forum des Associations, le BTS Industrie Graphique

1997, restructuration des Halles, le Péage Nord : promesse tenue, la 1ère baisse des impôts et du Prix de l’Eau à Beaune ; Aldi Marché, Repas Santé et la Boulangère s’installent.

1998, nouvelle Place de la Halle, les Parkings République, Lorraine, St Jean, la Place de l’Hôtel de Ville.

1999, Calvet, création du parking des Chanceliers et de la Maison des Associations ; l’exposition Marie de Bourgogne, nouveaux tennis, nouvelles écuries de Vignoles, nouvelle Place Carnot, nouvelle baisse des 4 taxes locales.

2000, implantation de Malvern, le tri sélectif, le Relais Assistantes Maternelles, construction du Forum.

2001, nouvelles salles de quartier à Challanges, au Camp Américain ; rénovation de l’avenue du 8 septembre, la plaine de jeux des Blanches Fleurs

2002, Rocade Sud, création du Parc des Portes de Beaune, l’école maternelle Blanches Fleurs, nouveau jardin du Théâtre de Verdure.

2003, Doras Négoce et MGB Ingenierie. Station de traitement de l’eau à la Bouzaize, crèche St Jacques, restructuration de la rue Monge, Alsace et petite Place Carnot. Espace Beaune Bretonnière. Une 1ère Marianne d’Or.

2004, la route de Savigny, nouveau boulodrome, la Maison du Rugby, nouvel Office de Tourisme, le CLIC, l’Espace Solidarité Générations. Le bowling, et l’arrivée des Ets DELANCHY.

2005, passage à 2 voies et sécurisation du boulevard, la route de Seurre, la salle de motricité des Echaliers, rénovation de l’école St Nicolas. Acquisition de la Banque de France et création d’un jardin public. La cuisine pédagogique des Blanches Fleurs. Les trésors des Cathédrales. 2ème Marianne d’Or.

2006, la zone des Maladières, 10 nouvelles entreprises. les travaux de Challanges, l’Agorespace Bretonnière, rénovation du Jardin de la Bouzaize ; Beaune Ville Européenne du Fleurissement. Nouvelle baisse des impôts.

2007, crèche multi-accueil Blanches Fleurs, 40 nouveaux logements. Square des Acacias, Agorespace St Jacques. Atol. 4ème baisse des impôts. Création de la Communauté d’Agglomération.

2008, l’Entreprise Exapaq, le Parc de la Creuzotte, la Vidéoprotection, le 1er Festival International du Film Policier.

2009, la restauration scolaire Jeanne d’Arc, la rénovation des remparts, Ineo Citelum, OxyPro et la Pataterie.

2010, le Beffroi, les nouvelles fontaines, place Ziem, Place Pétasse, le jardin d’eau de la bouzaize ; rénovation complète des éclairages, le festival des lumières. Burgundia Oenologie et Cap Cinéma.

2011, lancement du nouveau quartier des Blanches Fleurs, la Tonnellerie Taransaud, la Lanterne Magique avec Fabrice LUCCHINI, l’exposition Ziem ; les impôts n’augmentent toujours pas.

2012, L’agorespace et l’aire de jeux aux Ares Cautains, le Festival Mômes et Merveilles, Beaune Vibration, la Villa Médicis et le Dalineum ; ADP Courtage, la Carrosserie Beaunoise, Burdin Brosser et Sructural. Projet de la Nationale 6.

2013, Massa, Blasons de Bourgogne, Devevey, Espace Copieur Porte de Beaune. Le parvis Notre Dame et la Place du Parlement de Bourgogne ; nouvelle place Malmédy, la route de Verdun, les Etangs d’Or.

2014, la fibre optique après la 4G, la route de Pommard, de la Résistance, du Lac ; l’école de cinéma et la Maison de l’Image et du Mouvement ; la classe numérique, le terrain synthétique, le 1er tronçon du contournement Nord, l’INSEC s’installe à Beaune, Beaune Côte et Plage ; les impôts n’augmentent toujours pas.

MAIS REVENONS à la girafe, et à 2015

Si 2014 n’a pas été trop mauvaise pour Beaune, 2014 a été une très mauvaise année pour la France, et nous sommes tous très inquiets au seuil de cette nouvelle année… Inquiets car nous ne sommes pas encore sortis de cette crise. Une crise renforcée par une dette publique désormais abyssale et incontrôlée. On ne peut donc demander à personne de prétendre que les temps sont légers, de continuer à agir comme si de rien n’était, quand notre dette publique dépasse les 2000 milliards d’euros.

On ne peut choisir inlassablement la solution de facilité de l’augmentation des impôts jusqu’au dégoût, qui chasse aujourd’hui toute notre richesse à l’étranger.

On ne peut non plus continuer à proposer la vieille recette de la relance, en attendant une hypothétique croissance qui ne viendra pas. Il faut donc du courage et un cap.

Prendre de la hauteur (comme la girafe), lorsque l’on se situe dans les abysses des sondages, ça ne doit pas être si difficile !

Je ne crois pas cependant que les meilleurs choix aient été opérés jusqu’ici par le Président et ses gouvernements.

Démantèlement de la politique familiale, multiplication des impôts, chez nous fin du contrat vendanges,… …tout cela produit chez nos concitoyens le sentiment qu’on leur confisque le fruit de leur travail.

Cette injustice est d’autant plus mal ressentie que le chômage ne cesse de croître, malgré les sempiternelles promesses et nos jeunes sont désespérés.

Le pire c’est aussi que nos valeurs, les valeurs de la République sont aujourd’hui battues en brèche. Pour nous redresser, il faut là aussi prendre de la hauteur.

Il est vrai qu’il y a 8 jours, Manuel VALLS comme tous les 1er Ministres depuis 1978 a planté un arbre à Matignon. S’il explique qu’il ne faut pas y voir de symbole personnel ou politique, il a choisi un chêne fastigié (fastigium = signifiant en latin « qui prend de la hauteur ») Les mauvaises langues diront qu’il ne pouvait pas faire autrement que de planter un « arbre à glands ». Mais déjà un chêne fastigié…, déjà fastigié, c’était pas un bon présage. On nous dit d’ailleurs que la plupart des arbres plantés par les 1ers Ministres ont eu une vie très courte.
Le chêne de Hongrie, de Pierre MAUROY est mort…, celui de FABIUS n’est pas vaillant, le cornouiller des pagodes de François FILLON n’est pas très en forme, il n’y a peut-être que le ginko bibola planté en 1992 par Edith CRESSON qui tient le coup (il faut dire qu’elle avait planté tout le reste …)

Mais trêve de réflexion arboricole, il est en effet temps de prendre de la hauteur comme ZARAFA.

C’est aussi valable pour chacun d’entre nous, c’est ce qu’on peut appeler la position Méta. Il s’agit d’une posture mentale, qui va nous permettre de pratiquer la dissociation de nous-même afin d’être à la fois l’acteur et l’observateur. Prenons une métaphore : vous êtes au pied d’une très haute montagne. Il est probable que vous vous sentiez très petit, voire écrasé face à cette masse impressionnante. Eloignez-vous maintenant de plusieurs dizaines de kilomètres : vous appréciez l’ensemble du spectacle qui s’offre à vous, sans ressentir la même impression ni le même malaise que précédemment.

Vous avez pris du recul, la montagne a perdu de sa puissance, en tous cas dans votre perception.

A présent, prenez l’avion (il faut dire que c’est dangereux en ce moment). Vous apercevrez alors une chaîne de montagne, de neige et de granit, et celle qui occupait votre esprit est maintenant devenue un mont parmi les monts.

Le même processus est en jeu lorsque vous êtes confronté à une situation délicate. Cette hauteur de vue va changer votre manière d’appréhender les choses. Bien entendu, cette gymnastique de l’esprit n’étant absolument pas naturelle, ce sera sans doute un peu compliqué au début. Il sera alors préférable de s’y entrainer d’abord, après l’événement, afin de revoir sous un angle nouveau ce qui s’est passé. Je propose personnellement cette gymnastique au Président de la République, afin de tout recommencer, ou peut-être qu’un de ses successeurs s’y prépare déjà.

Le bilan nous le connaissons hélas, aussi je crois que c’est sur nos valeurs que nous devons refondre notre société. Prendre de la hauteur, c’est redonner leur place à l’humanisme, la sincérité, la tolérance, l’indépendance, la curiosité …enfin la liberté. La perte de liberté est le principal frein.

Ce mal, n’est pas nouveau. Déjà en 1969, Jacques CHABAN DELMAS, dans son discours sur la nouvelle société, déplorait l’emprise constante et tentaculaire de l’Etat. L’hyper réglementation, la fiscalité trop pesante, en un mot une société liberticide vouée à un blocage complet. Nous connaissons aussi aujourd’hui de manière plus globale les difficultés de notre économie, celles de nos entreprises, et en particulier les petites qui forment l’infrastructure de notre pays, et dont les marges sont aujourd’hui inexistantes. On peut, bien sûr penser que cela n’est pas grave, que nous sommes dans le bas d’un cycle et que forcément nous remonterons. Je ne crois pas à ce raisonnement.

« La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie » disait SENEQUE. Ce pouvait être vrai quand notre économie se déroulait dans un cadre essentiellement national et que l’État avait capacité à réguler les cycles économiques. Mais, nous sommes maintenant dans une économie-monde, dans un village global. Et il n’est plus possible de nous enfermer à l’intérieur de nos frontières. Notre horizon se trouve ailleurs.

Il est pour le moins européen. Et nous devons travailler à ce que l’Europe redevienne sur tous les plans une puissance majeure. Mais c’est même surtout avec le monde, que nous avons rendez-vous aujourd’hui. Un monde que nous vivons trop souvent comme une menace mais qui pourrait nous offrir tant d’opportunités. Notre chance, elle ne se trouvera pas dans une volonté de nous arc-bouter toujours sur le passé. Notre chance, nous la saisirons, si nous savons aller de l’avant comme ZARAFA !

Si nous savons innover, inventer. Car c’est bien par l’invention, la créativité que nous pourrons nous sortir de nos difficultés, que nous pourrons dessiner les contours d’un avenir plus souriant pour nous, pour nos enfants. Deux faits majeurs marquent ce début du XXIème siècle. Le premier est que nous appartenons tous désormais à un même monde. Le deuxième est cette formidable accélération du changement. Tout va désormais très vite, dans le domaine scientifique, dans le domaine technologique, dans le domaine économique, dans le domaine social. Et les pays incapables d’anticiper l’avenir seront condamnés à régresser.

Pour ne pas sortir de l’histoire, c’est à cette prise de conscience que j’appelle au niveau national, c’est cette prise de conscience qui, à BEAUNE et dans le SUD de la côte d’or est déjà la nôtre depuis longtemps.

Elle a été la mienne dès les premières années où j’ai exercé des responsabilités municipales, en décidant de créer la ZAC des portes de BEAUNE. Quelques années plus tard, un pan de l’économie locale allait brutalement s’écrouler avec la fermeture de TPC. Une partie de la population se sentait orpheline. Nous aurions pu, à cette époque, vivre dans la lamentation, cultiver les mythes glorieux d’un passé révolu. Il fallait au contraire relever le défi, partir à la recherche de l’économie porteuse d’avenir, celle qui a permis de relancer la dynamique d’un territoire. Cette expérience a inspiré ma façon de concevoir la ville.
Toujours préparer le futur, toujours regarder l’avenir. On envie bien souvent, en BOURGOGNE, le dynamisme de notre agglomération, la rapidité de son développement économique, sa capacité à construire un nouvel équilibre social, ses projets.

BEAUNE est regardée de très loin. Oui partout BEAUNE est attractive et visible dans le monde.

C’est ce que montrent nos amis chinois, quand ils achètent le vin des hospices, ils réfléchissent à l’implantation d’une Maison de thé.

C’est ce que montrent nos voisins belges qui souhaitent investir également dans ce formidable projet de la Cité des Vins, au rendez-vous du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

C’est ce que montre Claude LELOUCH, dont on inaugurera au printemps l’école, aux côtés de la Maison de l’image et du mouvement.

C’est ce que montrent nos festivals internationaux.

C’est ce que montre, à l’échelle du territoire communautaire, l’implantation de nouvelles entreprises comme Venteprivee.com, leader mondial de la vente par internet, c’est aussi le prochain développement du site de BEL AIR sur la nationale 6.

Oui, chers amis, aujourd’hui BEAUNE et son AGGLOMÉRATION rayonnent.

Mais rien n’est jamais donné. Rien n’est jamais donné, pour en arriver là il faut travailler et se battre aussi parfois.
Se battre comme nous l’avons fait pour obtenir l’IRM et l’auto-dialyse, au sein de notre Hôpital totalement rénové.
Se battre, comme nous l’avons fait pour conserver notre mess de la gendarmerie, lieu d’échange entre la population et les forces de l’ordre, ou comme nous le faisons encore régulièrement pour maintenir nos effectifs de police.

Se battre toujours, comme le font nos entreprises, pour que BEAUNE COTE et SUD devienne demain l’un des grands espaces du numérique, ceux là où s’inventeront de nouveaux services, ceux de la ville et de la campagne intelligentes, qui faciliteront la mobilité, qui réduiront nos consommations énergétiques.

Pour paraphraser Joseph LARFOUILLOUX, mon ancien Premier-Adjoint, j’aimerais citer Victor Hugo : « Qu’est-ce que l’impossible ? C’est le fœtus du possible. La nature fait la gestation, les bons génies font l’accouchement »

A BEAUNE, il existe un modèle de relation particulier entre le public et le privé. Une relation basée sur la confiance. Et c’est précisément ce modèle là qui permet à la ville, aujourd’hui, de brûler des étapes, de conserver dynamique et croissance au cœur même de la crise, d’envisager sans doute l’avenir avec plus de sérénité que dans d’autres territoires.

C’est évidemment ce modèle là que je souhaite au niveau national. Parce que la France ne sera rien si nous ne sommes pas capables d’y rassembler toutes les énergies, si nous ne sommes pas capables de redonner un nouveau souffle à notre pays, de restaurer sa foi dans l’avenir. Mais l’innovation ici à BEAUNE, elle est aussi sociale : nous œuvrons au quotidien pour nos quartiers, avec nos médiateurs sociaux et l’action de nos espaces beaunois, ou encore à travers la poursuite de grands projets de rénovation urbaine comme celui des Blanches Fleurs aux côtés de nos partenaires.

Notre agglomération aussi est équilibrée. C’est la grande tradition de l’humanisme à la beaunoise. Il n’y a pas d’un côté, des communes et des quartiers riches, et de l’autre côté des territoires condamnés à la paupérisation. C’est pourquoi, entouré de tous les élus du conseil communautaire, nous développons des projets pour tout le territoire. De nouvelles structures petite-enfance pour les communes de Chagny et Nolay, la poursuite d’actions en faveur des éleveurs charolais, des producteurs de lait avec le Goût d’ici, la création d’un pôle touristique et économique autour de la nationale 6 dont je parlais tout à l’heure ; le développement d’une politique ambitieuse en matière environnementale et plus particulièrement d’assainissement, qui vient s’ajouter à la rénovation des Etangs d’Or et la création de Beaune Côte et Plage.

Cette ville, cette campagne, ce territoire nous les voulons tous beaux, forts et solidaires. Notre ville est belle. Notre campagne est belle. C’est pourquoi, nous tous, y sommes si attachés. Cette ville dynamique, solidaire et tolérante, inventive et vibrante, riche de sa diversité et de ses cultures.

Cette campagne ressourçante, apaisante, porteuse de développement rural à travers une agriculture fertile. Nous les aimons toutes les deux chaleureuses, accueillantes, ouvertes sur le monde. Leur atmosphère, leur charme captivent. Nous aimons y amener nos proches, nos amis. Nous la faisons découvrir à tous nos visiteurs avec fierté. Oui, nous les aimons et nous aimons les partager.

Comme nous partageons ce soir un moment privilégié. Ensemble, prêts à nous lancer dans l’aventure d’une nouvelle année qui commence. PROUST a dit, « le vrai voyage, n’est pas de chercher de nouveaux paysages, mais un nouveau regard ».

Que l’année 2015 soit une réussite dans vos vies professionnelles, dans vos missions, qu’elle soit à la hauteur de vos attentes dans vos vies personnelles. Puisse-t-elle pour vous tous être une année unique,

Que 2015 porte haut et loin la réussite de BEAUNE, et du SUD DE LA CÔTE D’OR.

Bonne année à tous !