Paul Berbey

C’est avec une profonde émotion que j’ai appris la disparition d’une figure emblématique de notre ville de Beaune. Paul Berbey, c’est un symbole, c’est un Beaunois dans toute l’acception du terme, Paul Berbey, c’était un acteur majeur de notre cité.

Né à Beaune le 3 septembre 1936, il aimait à dire « je suis un vrai beaunois, produit d’avant-guerre ». Cet homme si hâbleur, si jovial cachait un drame puisqu’il fut orphelin de mère à 9 ans et fut élevé à la Charité. Comme son père qui travaillait à la Ville de Beaune aux Espaces verts, il apprend le métier de jardinier et ses talents de chanteur sont vite repérés par les sœurs de la Charité à la messe ! C’est ainsi, que tout jeune enfant de chœur, Paul Berbey exerce sa voix qui en fera par la suite un fougueux Joyeux Bourguignon…mais qui chantera autre chose que des chants religieux !!

Passionné par sa région et son terroir, Paul Berbey passe son diplôme de maître greffeur à la « Viti ». Sorti de la Charité à 16 ans, Paul part aider sa famille qui cultive les jardins du faubourg Perpreuil et de Saint-Jacques jusqu’à son mariage avec Régine Pralon le 28 mai 1960. Entre temps, Paul Berbey a servi en Algérie, ce qui a motivé son engagement dans les associations d’anciens combattants, notamment la FNACA dont il fut le président dévoué et actif.

Après le mariage, il faut alors songer à s’établir, Paul devient caviste chez Jadot puis vigneron à Chorey, le village de son épouse, chez Germain. Après ces diverses expériences, Paul entre en 1965 comme jardinier à l’Hôtel-Dieu, un lieu qu’il animera et qu’il ne quittera plus. De jardinier, il devient maître d’hôtel pour les grandes occasions et les diners au Bastion et dans la Chambre du Roy.

Responsable des espaces verts, maître d’hôtel, caviste, Paul Berbey est omniprésent. Sa verve, son accent bourguignon chaleureux et son énergie le font remarquer du directeur qui lui demande d’être le crieur officiel à la Vente des Vins de 1978, le voilà animateur la plus prestigieuse vente de Charité de France aux côtés de Lino Ventura. Cette première expérience est si concluante que Paul Berbey reste crieur pendant 24 ans ! Chaque Beaunois ayant participé à la Vente se souvient de cet homme jovial et moustachu, de son nœud papillon, de sa bougie à la main.

Attaché à servir et animer sa ville, Paul était aussi président du Comité des fêtes de Gigny et savait parfaitement animer l’association avec sa truculence légendaire !

Ce regard pétillant, cette voix inimitable, ces concerts endiablés des Joyeux bourguignons, sa silhouette au Monument vont nous manquer à tous. Nous le savions malade. Il n’empêche, le 19 Mars dernier, il était fidèle au poste, comme il l’a toujours été, pour commémorer, devant le monument aux Morts de la Ville, la fin de la guerre en Algérie. Il affichait même un large sourire.

A l’issue de la cérémonie j’avais tenu à lui rendre hommage. L’occasion de saluer son courage et son dévouement.

C’est avec une profonde tristesse et une amitié sincère que je présente mes condoléances à Régine son épouse, ses enfants et toute sa famille.