Chers amis, je vous remercie toutes et tous d’avoir été aussi nombreux à l’occasion de mes vœux hier au Palais des Congrès où plus de 1200 personnes ont répondu présentes. Comme nombre d'entre vous me l'ont demandé, vous pouvez retrouver l'intégralité de mon discours ci dessous. Je renouvelle à chacun d’entre vous tous mes vœux de bonheur pour 2020.

« Chers Amis,

Il y a des moments privilégiés dans la vie municipale, des moments de communion, d’échanges et de partage. Notre rendez-vous de ce soir, fait partie de ceux-là. C’est un instant très particulier pour moi. C’est d’une part une très grande joie de vous accueillir ici, aussi nombreux, à la rencontre de celles et ceux qui vivent à vos côtés, dans notre Ville, dans notre Agglomération, qui y travaillent et qui s’engagent comme vous tous, jour après jour pour le bien commun.

C’est un peu cela la magie de Beaune, une ville à taille humaine, j’allais dire un village, où tous les acteurs se croisent, échangent. Une cité au cœur de son agglomération, où se nouent de si belles coopérations, qui permettent à chacun et à tous, de progresser et à notre territoire de se développer.

Cette chaleur humaine et cette capacité à travailler ensemble, dans la confiance et peut-être plus encore dans l’amitié, sont le véritable moteur de mon action et de celle des élus qui m’entourent. C’est ce lien organique avec Beaune, et notre agglomération qui était à l’origine il y a 2 ans, de mon choix de conserver mes responsabilités de maire et de président, laissant à d’autres les aventures parisiennes.

La vérité est dans ces mandats de terrain. Cette dynamique, cette diversité sont notre oxygène, le carburant de l’action, la raison même d’agir de tous vos élus : les maires des 53 communes, mes vice-présidents, les adjoints et délégués de Beaune, les présidents des commissions, mais aussi tous les conseillers municipaux.

Je n’oublie pas bien sûr les agents territoriaux, nos chefs de services, ainsi que nos directeurs, en fait tous nos collaborateurs. J’aimerai en cette année particulière, leur rendre un hommage appuyé et vous demander de les applaudir chaleureusement,

Merci à celles et ceux qui s’engagent jour après jour, sans compter, dans cette charge si noble et si exigeante des mandats locaux. Sans eux, ces femmes et ces hommes, le Maire d’une ville et le Président de l’agglomération ne sont que peu de choses.

L’action engagée n’est pas celle d’un homme, elle est celle d’un collectif, d’une équipe unie, soudée dans l’action, comme dans l’adversité. Qu’il s’agisse de négocier avec l’Etat, le Département ou la Région.

Qu’il s’agisse de porter un projet comme le contournement de Beaune, la Cité des Vins, ou la création d’un nouvel équipement sportif ou de nouvelles restaurations scolaires. Qu’il s’agisse d’agir au plus près des habitants pour réparer les routes, aménager les quartiers, développer des politiques environnementales, touristiques ou implanter des entreprises. Mon Cher Michel, Mon Cher Jean-Luc, Mon Cher Xavier, ces tâches ne peuvent être mener seul. Alors très simplement, en votre nom à tous, j’aimerai dire un très grand merci et un grand bravo à tous ceux qui m’entourent, qui agissent, qui écoutent, qui quelquefois contestent, mais qui discutent et parfois me supportent !

Merci à ceux qui s’engagent toujours avec conviction et générosité pour leurs concitoyens. Comme je ne leur dis pas tous les jours, c’est vrai ! Ces propos publics ont sans doute d’autant plus de valeur, ce soir.

Je n’oublie pas non plus le soutien sans faille qu’ils m’ont et que vous m’avez tous apporté dans des moments plus difficiles. C’est aussi ça la confiance et l’empathie, et je souhaitais une nouvelle fois vous en remercier.

Chers Amis, en ce début d’année miroir, où deux 20 se réfléchissent parfaitement, je souhaite vous présenter bien évidemment des vœux chaleureux de santé, de réussite, d’épanouissement, tant sur le plan professionnel que personnel.

Je veux aussi vous souhaiter collectivement un vingt sur vingt, l’année oblige, la meilleure note, celle de Beaune ou de notre Agglomération. A l’échelle nationale, hélas on le voit bien, les temps présents ne sont guère ceux d’une société apaisée. Nous pourrions distribuer des bonnets d’âne à certains responsables nationaux, mais je ne le ferai pas ce soir, car notre pays traverse des moments trop graves, pour ajouter à la polémique.

La réforme des retraites qui n’en est plus vraiment une, ou qui laisse progressivement la place à une véritable retraite de Russie, n’a fait que compliquer les choses surtout du fait de son calendrier, aussi pouvons-nous, nous poser la question du « tout ça pour ça » ? Je pense que chacun souhaite que vienne le temps de retrouver le sens de l’intérêt général, de l’action publique et de repartir de l’avant.

Il y a urgence, tant sur le plan économique que social, mais surtout humain. Notre territoire sert là encore d’exemple, l’Agglomération et la Ville restent toujours sur une belle trajectoire. Les nouveaux Beaunois en sont les meilleurs témoins, et me le disent souvent.

Ceux qui l’ont quitté pour leurs études, le travail et qui reviennent quelques années plus tard, pour fonder une famille ou prendre leur retraite, le confirment : il est peu de ville qui connaisse une évolution aussi forte que celle que vit notre Cité depuis plus de 20 ans.

Grâce à l’action collective, Beaune s’est en effet métamorphosée. Aujourd’hui elle rayonne à l’international, attire de plus en plus d’entreprises, suscites-en son sein la créativité dans le domaine économique, en matière sociale ou environnementale.

Elle sait conjuguer Startup et grands groupes, inventer de nouvelles formes d’entreprises : coopératives, associatives ! On la visite pour la qualité de son patrimoine. On vient y vivre parce qu’elle a su concilier croissance économique, urbaine, mais aussi volonté de placer la nature au cœur de la vie. C’est vrai pour tous nos grands projets, Rocade, Cité des Vins, Cité du Cinéma. Cette capacité à aller de l’avant, il faut que nous la préservions, que nous la renforcions. Car nous sommes dans un monde où tout bouge très vite, où il faut sans cesse être à la pointe de l’innovation, être capable de porter des technologies de rupture. Celles qui façonnent l’économie de demain, capable de détecter les nouvelles tendances, de repérer les grands défis qui sont devant nous.

Demain, les avancées dans les sciences du vivant, l’extension du numérique à tous les champs de la vie, la montée en puissance des objets connectés, de l’économie circulaire doivent nous permettre de devenir un des territoires où s’invente l’avenir.

Mais dans cette transformation-là, nous voulons que Beaune garde cette ruralité qui la caractérise. Fondée sur un humanisme qui plonge loin ses racines dans notre histoire commune.

Beaune se doit de continuer à donner cependant sa chance à chacun. Nous devons porter une attention particulière à celles et ceux qui sont en situation de fragilité, quelle qu’en soit la cause, à éviter que chacun ne se replie sur soi-même, à agir pour qu’on ait toujours plaisir à vivre ensemble, avec nos différences.

Nous devons continuer à créer une dynamique dans nos quartiers, préserver nos villages, nos paysages exceptionnels, nos grands espaces naturels. Tout cela pour maintenir notre qualité de vie, qui n’est pas négociable.

Pour cela, il faudra demain placer les mobilités au cœur de tous nos projets, miser sur les technologies les plus novatrices, grâce auxquelles nous pourrons nous déplacer sans polluer l’air que nous respirons.

Beaune a une grande tradition de solidarité, c’est notre héritage hospitalier. Pour continuer dans cette voie, nous devons placer la santé au cœur de nos préoccupations. Etre une ville qui permet à chacun de ses habitants de s’épanouir pleinement. Par sa forme même, par des parcours urbains agréables, par des parcours cyclables sécurisés, ce sont les usages même de l’espace urbain qui doivent favoriser quotidiennement bien-être et santé. La réussite de Beaune doit être sociale, économique, environnementale. Mais elle doit être aussi sportive et culturelle.

Sportive : Il y a bien sûr nos clubs emblématiques à qui nous devons donner la possibilité de rivaliser avec les plus grands. Mais c’est tout un tissu associatif qu’il faut accompagner, pour permettre à toutes les familles, à tous nos enfants, de bénéficier d’activités nombreuses. Il y a aussi nos équipements intercommunaux (mon Cher Jean-Paul) qui sortiront de terre à LADOIX et à NOLAY.

Réussite culturelle : Beaune rayonne grâce à ses Hospices, à sa Basilique, à ses remparts, à ses musées, à son théâtre, à ses ateliers du cinéma. Elle rayonne par ses événements et ses festivals. Nous devons maintenir à l’avenir une excellence qui n’est jamais définitivement acquise.

Oui, dans tous les domaines, nous devons avoir cette volonté d’aller sans cesse de l’avant, d’avoir le plaisir mais aussi la fierté de vivre dans un territoire qui fait référence. Nous devons continuer à construire une ville qui attire, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment de sa population. Le Airbnb n’est pas une solution d’avenir, aussi nous devons aider les Beaunois à se réapproprier le cœur de la Ville et ses faubourgs.

Cette attractivité nous devons en faire bénéficier tout le territoire qui nous entoure. Hier, nous avons créé l’Agglomération et nous avons travaillé à ce que puissent toujours, se conjuguer stratégie globale et ancrage local, sans clivage politique. Toute l’histoire de Beaune en témoigne : le développement d’un territoire est un mouvement qui s’inscrit dans le temps long. Les solutions se construisent patiemment, année après année. Les progrès sont cumulatifs. Il faut sans cesse bâtir les conditions d’une confiance mutuelle, susciter la volonté de faire ensemble.

Car l’avenir se construit collectivement, c’est cela la force de l’expérience."N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive... et tu seras heureux." (disait Epictète).

Notre pays n’est pas en guerre. Toutefois les tensions y semblent parfois si fortes et la difficulté à se parler si grande, que la fraternité pour laquelle nous sommes faits, finit par ressembler à un rêve impossible.

Pourtant nous avons un lien commun. Façon ROCA, nous ne vivons pas seulement en France. Nous avons un passeport français, hérité du berceau ou acquis de haute lutte, ou peut-être sommes-nous tout simplement de passage, mais nous vivons surtout ailleurs, dans un pays riche. Un pays de connaissance, un pays ouvert, sans frontière. Eparpillés et par milliers, nous habitons tous ensemble …la langue française.

Un pays où les corneilles, ne mangent pas les vers, elles les écrivent, où les racines sont du caviar, où le mot lierre grimpe aux murs des maisons, où tous les hommes naissent Hugo. Un pays où l’on n’est pas gêné à la tournure, où travaillent de concert les sculpteurs sur mots, les souffleurs de vers, les tourneurs phraseurs, un pays où les âmes s’enflamment, où les larmes slament, un pays où les agents sont à la circonvolution, les docteurs sont es-lettres, et le plumitif esbroufe.

Une terre d’accueil, où les mots sans papiers circulent de bouche à oreille, où le droit au chapitre est inaliénable, où l’on ne paie pas la syntaxe à la valeur ajoutée, où les partitions ne sont que des tissus de notes qu’on pose sur les pupitres, où l’on se chauffe aux pianos solaires, et où la lune fait des ellipses.

Un pays fertile où poussent les verbes aromatiques, où le mot arbre ne prend pas de hache, mais bûcheron…si, où hirondelle s’écrit bien sûr avec deux ailes, vietnamien avec un nem, citron avec un thé, et hasard avec un dé.

Un pays où l’on couche sur le papier et l’on s’endort dans les tiroirs, quand le marchand de syllabes est passé. Un pays où l’on mène une vie de poème et où, en temps de grève, les vaches regardent passer les quatrains.

Un pays où la bise devient baiser, la licorne… muse et la cata…strophe.Enfin, un pays où l’on guettera les silences, ces suspensions de mots quand la vie prend la pause, et quand le temps se met à compter sur ses doigts.

Et si vous entendez cette phrase de circonstance : « un ange passe … », pour 2020 je souhaite qu’il passe pour nous tous, et que les parenthèses et les guillemets s’ouvrent, que les accolades se donnent et qu’enfin les apostrophes s’envoient en l’air.

Je vous souhaite une année 2020 exceptionnelle,

Je vous embrasse tous ! »