Face aux affaires qui pèsent sur deux membres du gouvernement (Richard Ferrand et Marielle de Sarnez), le silence de François Bayrou, Ministre de la Justice, est assourdissant.

On comprend, néanmoins, que le Président de la République, le Premier Ministre et, donc, le Ministre de la Justice, soient dans l’embarras au moment même où la présentation du projet de loi de « moralisation de la vie publique », qui doit symboliquement être le premier grand texte du gouvernement d’Emmanuel Macron, est finalement repoussé à la mi-juin.

Ce projet de loi serait manifestement "complexe" et nécessiterait d'être plus amplement examiné, afin de ne pas être retoqué par le Conseil constitutionnel. Il semblerait d’ailleurs que des problèmes juridiques auraient déjà été pointés par l'instance. Cela n’est pas étonnant puisque j’avais déjà remarqué, par exemple, que la limitation à deux du nombre de fonctions exécutives exercées successivement dans une même collectivité, en plus de n'avoir rien à faire dans un tel texte, pourrait poser un problème constitutionnel. Il faudra, de toute façon, une loi organique pour ces modifications souhaitées par le Gouvernement.

Le moins que l’on puisse dire est que ce texte ne part pas sur les meilleurs bases.