Le gouvernement d'Edouard Philippe a été dévoilé cet après-midi. Et le moins que l'on puisse dire est qu'on est loin des annonces et promesses du candidat Macron !

Je tiens d'abord à rappeler qu'il s'agit d'un gouvernement provisoire jusqu'à ce que les Français choisissent la majorité qu'ils souhaitent lors des élections législatives des 11 et 18 juin. Il s'agira d'un choix pour sortir du flou, du reniement, d’une politique fiscale confiscatoire qui plombe les ménages français.

Quant aux nominations de cet après-midi, je remarque déjà que l'on nous annonçait un gouvernement resserré de 15 ministres. Il y en a 23 avec le Premier ministre.

Je voudrais aussi signaler à quel point le rajeunissement, la parité et le renouvellement de la classe politique, axe majeur de la campagne de M. Macron, partent en fumée. François Bayrou, Murielle de Sarnez, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire, Edouard Philippe, Gérard Collomb . . . combien de mandats électifs cumulent ces personnalités, qui ne répondent ainsi pas à une autre des promesses d'Emmanuel Macron de ne nommer aucun ministre ayant déjà exercé.

Après l’Elysée des jeunes énarques, on se retrouve avec un gouvernement de compromis, d'élus ayant déjà exercé maintes et maintes fois, qui cherche à faire plaisir à tout le monde et qui, comme souvent dans de pareils cas, n'a pas de direction claire, avec des hommes aux ambitions contradictoires, notamment sur le nucléaire avec le Premier ministre, passé par un groupe phare en ce domaine, et Nicolas Hulot, qui s'est probablement dit que c'était là sa dernière chance d'intégrer un poste à responsabilités.

Quant à la "parité", tellement annoncée, s'il y a effectivement autant d'hommes que de femmes, on s'aperçoit que les postes clés sont majoritairement dévolus à des hommes.

Les "marcheurs" doivent, quant à eux, être sacrément déçus, ne récoltant que très peu de postes, Emmanuel Macron ayant privilégié des "noms" plutôt que des fidèles.

Enfin, je regrette, bien évidemment, les redditions de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin qui nous avaient, pour ce dernier notamment, habitué à ce genre de manœuvres, ayant déjà quitté Nicolas Sarkozy pour finalement revenir, puis repartir . . ; Tout ceci n'est qu'opportunisme.

Le tout dirigé par un Premier ministre, passé par le Parti socialiste avant d'intégrer les Républicains et qui revient donc, en quelque sorte, au bercail.

Il faudra autre chose que ces tractations démagogiques si l'on souhaite sécuriser, redresser la France et lui redonner le rang qu'elle mérite !