Lors de la séance des questions au Gouvernement de cet après-midi, j'ai interrogé Bernard Cazeneuve, Premier Ministre, sur le bilan de cinq années de gouvernements socialistes, et, notamment, sur la (non) politique des territoires ruraux.

Ci-dessous le texte de ma question.

Monsieur le Premier ministre, vous arrivez à la fin de cette mandature.

Le Président de la République a renoncé depuis longtemps. Vous êtes donc le seul à assumer le bilan de ces cinq années. Les 3 candidats socialistes, ou assimilés, à l’élection présidentielle, dénoncent, eux, allègrement les échecs de cette politique.

Echec économique, le chômage n’a pas baissé, bien au contraire, malgré les plans de formation, malgré quelques artifices de présentation. Echec sur le plan de la croissance, échec pour notre balance commerciale, échec sur le plan de la dette qu’il va falloir rembourser avec des taux d’intérêt qui remontent dangereusement pour la France. Echec pour le pouvoir d’achat des ménages qui ne cesse de baisser avec, au surplus, la menace d’une inflation qui remonte allègrement. Echec diplomatique : la voix de la France n’est plus audible. On l’a vu dans la partie de ping-pong que se livrent messieurs Trump et Poutine, on le voit avec notre partenaire allemand, on l’a vu en Syrie. Echec institutionnel. La polémique d’aujourd’hui met gravement en cause l’indépendance du pouvoir législatif, et donc de l’état de droit, qui est mort aussi avec Notre-Dame des Landes. Je n’évoque même plus l’indépendance de la Justice.

Mais le plus gros échec est sans doute celui de l’unité nationale. Je veux parler de nos territoires. La France des territoires est à l’agonie. Les réformes engagées depuis 5 ans n’ont pas été sollicitées par nos compatriotes, la baisse des dotations et la réforme des rythmes scolaires ont ruiné les collectivités locales et augmenté, de fait, la fiscalité. Les nouveaux découpages cantonaux et intercommunaux imposés sans concertation ont contribué à éloigner le citoyen des pouvoirs de décision.

Monsieur le Premier ministre, l’agriculture française n’a jamais subi une crise aussi grave qu’en 2016, aucune solution d’avenir ne lui a été proposée. La couverture internet à nouveau promise hier à l’horizon 2022 a été la grande carence de cette mandature, et personne ne croit à cette nouvelle échéance. Monsieur le Premier ministre, il manque à la France une vraie volonté, une vraie politique d’aménagement des territoires ruraux. Alors que vous allez atteindre bientôt le 3e âge de la civilisation, c’est-à-dire après l’âge de pierre, l’âge du bronze, l’âge de la retraite, avez-vous, à cette échéance, un regret et, pourquoi pas, une idée dont les candidats quels qu’ils soient, pourraient s’inspirer pour sauver enfin la ruralité ?