En minimisant la répression politique à Cuba lors de son déplacement pour les funérailles de Fidel Castro, Ségolène Royal, Ministre du Développement durable a commis une erreur politique majeur qui se retourne contre la France.

La ministre a estimé qu'il n'y avait pas ou peu de prisonniers politiques à Cuba alors que la commission cubaine des droits humains a recensé, dans son bilan annuel, plus de 8.600 militants et opposants au régime, placés en détention pour des motifs politiques. La présidente d'Amnesty international a, quant à elle, précisé que plus de 600 arrestations pour de tels motifs avaient eu lieu pour le seul mois d'octobre dernier.

Cette organisation publiait, par ailleurs, au lendemain de la mort de Fidel Castro que "L'état de la liberté d'expression à CUba, où les militants continuent d'être harcelés et arrêtés lorsqu'ils critiquent le gouvernement, est l'héritage le plus sombre de Fidel Castro."

Madame Royal précise par ailleurs qu'il existe sur l'ile "une liberté religieuse et une liberté de conscience". Les ONG présentes sur le terrain rapportent, au contraire, que, selon elles, 1.606 cas de violation de la liberté de religion ont été recensées.

Que Madame Royal effectue de tels contresens à tire personnel ne regarde qu'elle. Mais s'exprimant au nom de la France qu'elle représente à une cérémonie officielle, elle commet une erreur impardonnable qui entache durablement la crédibilité de notre pays.