Je suis intervenu, ce matin, en commission des affaires économiques à l’occasion d’une table ronde sur « l’industrie du cinéma » en présence de la présidente du CNC, le Centre national du cinéma, Mme Frédérique BREDIN.

Le constat est contrasté puisque l'industrie du cinéma semble en pleine forme dans l'Hexagone. C'est en tout cas ce que disent les chiffres. Les réalisateurs tournent de plus en plus de films en France et les spectateurs sont de plus en plus nombreux dans les salles. Avec un bon tiers des entrées pour les productions nationales, le grand écran français fait d’ailleurs des envieux dans le monde entier. Le système de l'exception culturelle semble fonctionner à merveille grâce à l'action du CNC. Le collecte des taxes sur les billets, sur les fournisseurs d'accès Internet et sur les télés pour financer la production.

Pour autant, sur le plan économique, il semblerait que le bilan soit médiocre. D'après une étude réalisée en 2013, un film français sur dix seulement est rentable. Cela n’est-il pas la conséquence du fait qu’il y a trop de films ? 15 sorties par semaine, c'est l'embouteillage assuré ! Les films n'ont pas le temps de trouver leur public en salle qu'ils sont déjà retirés. Aussi, le cinéma français est-il menacé à moyen terme par cette surenchère de tournages et de sorties ?

Se pose ainsi le problème récurrent que je souligne depuis plus de 10 ans et qui consiste à trouver une solution pour le financement des artistes et du cinéma. Il y a une véritable introspection à effectuer. Il faut ainsi se réunir autour de la table et se demander, par exemple, quels seront les formats pour le futur ?

Ainsi, la plate-forme de vidéo en ligne du groupe Amazon est devenue incontournable dans l’activité même du cinéma avec Amazon Prime Video, qui a présenté 5 films au festival de Cannes, dont le dernier opus de Woody Allen, Café Society. Ces plates-formes, délivrées des contraintes imposées par les États, sont ainsi devenues des acteurs de premier plan de la fiction.

Dans ces conditions, la fermeture toute récente du site Zone téléchargement interpelle sur le téléchargement, bien évidemment, mais aussi sur la nécessité de plateformes légales performantes et variées. La question que je posais dès 2004 au moment de l’examen du projet de loi DADVSI sur les droits d’auteur et la rémunération des artistes n’a toujours pas reçu de réponse.

Qu’en est-il, par ailleurs, pour le principal acteur chargé de financer le 7e art, c'est-à-dire la télévision ?

Dans ces conditions, quelles sont les pistes envisagées pour pérenniser le financement des films français ?

Autant de questions qui méritent un débat de fond qui n’a malheureusement toujours pas été mené.