Je suis intervenu ce matin, en commission des affaires économiques, auprès de Philippe Varin, président du conseil d’administration d’Areva, sur la situation de son groupe à quelques semaines de l’entrée dans le capital de cette entreprise de fonds étrangers, ainsi que sur la situation sur le site du Creusot.

L’entrée des chinois, des japonais et des kazakhs chez Areva se précise. Ces derniers jours, le schéma de l’augmentation de capital de 5 milliards d’euros s’est cristallisé. Selon plusieurs sources proches du groupe, le chinois CNNC, le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Kazatomprom injecteront chacun environ 400 millions d’euros dans le géant du nucléaire. Et recevront, en contrepartie, 11% du capital aux côtés de l’État français qui en conservera 67%. Les pouvoirs publics financeront le solde, soit un peu moins de 4 milliards d’euros.

Aussi l’ai-je interrogé sur plusieurs sujets comme le calendrier de cette entrée de capitaux, la gouvernance, le degré d’influence de chacun pour peser dans les décisions stratégiques, la part des sièges au conseil dont disposera l’État ou, enfin, si cette opération conduira, comme on l’entend, à un retrait de la Bourse, cinq ans après y être entré, et à combien peut-on l’évaluer.

En parallèle, je l’ai également questionné sur les dysfonctionnements constatés par l’Autorité de sûreté nucléaire sur le site du Creusot où ont été pointé des irrégularités affectant des fabrications de l’usine qui s’apparentent à des falsifications.

A la suite de la détection, fin 2014, d’une anomalie sur la cuve de l’EPR de Flamanville, l’ASN a demandé à Areva NP de procéder à une revue de la qualité de la fabrication dans son usine de Creusot Forge. Dans ce cadre, Areva NP a mis en évidence des irrégularités.

Ces irrégularités concernent des équipements sous pression de réacteurs d’EDF (cuves, générateurs de vapeur et tuyauteries du circuit primaire principal) ainsi que des emballages de transport de substances radioactives.

En tout état de cause, indépendamment de leurs conséquences réelles sur la sûreté, ces irrégularités mettent en lumière des pratiques inacceptables.

Aussi, et même si l'usine du Creusot fait son mea culpa, l'Autorité de sûreté nucléaire et EDF, qui ont pour mission de contrôler l'équipementier et fournisseur, ne sont-ils pas tenu, par conséquent, à effectuer un travail d'introspection susceptibles de pénaliser l’entreprise dans l’opération de rachat ? Quand un problème perdure sur trente ans, ce n'est pas un problème de personnes mais de structure. »

Retrouvez cette intervention sur le site de l’Assemblée nationale : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4447928_583551b0275bb?timecode=6012887