Avec Pierre Lellouche et Eric Ciotti, qui était avec moi hier soir à Beaune, et l’ensemble des députés du Groupe Les Républicains, nous déposons une Proposition de résolution visant à réunir le Parlement en Haute Cour en vue d’engager la procédure de destitution à l’encontre du Président de la République, prévue l’article 68 de la Constitution.

Avec consternation, nous avions en effet pris connaissance des propos de François Hollande dans le livre « Un Président ne devrait pas dire ça ».

Se livrer, en cours de mandat à de telles confidences est une faute gravissime d’un Chef de l’Etat en exercice. On croirait lire les mémoires d’un ancien Président. Dans ces pages, en effet, le Président de la République, Chef des Armées, a, par exemple, communiqué de façon très détaillée à des journalistes ses conversations avec les Présidents Obama et Poutine. Il a confié par ailleurs le ciblage des bombardements français sur des objectifs en Syrie et des documents ultraconfidentiels publiés par la suite dans leur journal ; il leur a détaillé les conditions de libération des otages par nos forces spéciales ; il leur a précisé que la France paie des preneurs d’otage, directement ou indirectement. Il leur a confié qu’il a lui-même ordonné l’assassinat de terroristes identifiés, les fameuses opérations « Homo » : « J’en ai décidé quatre au moins » a-t-il déclaré. La liste des personnes ciblées est par ailleurs communiquée aux mêmes journalistes.

François Hollande met notre pays en péril, dévoilant des secrets-défense que nos adversaires peuvent exploiter contre nous.

« La France est en guerre », avait pourtant dit lui-même le Président de la République 3 jours après les immondes attentats de novembre dernier. Nous avons voté l’état d’urgence, que nous avons prorogé à plusieurs reprises. Notre pays pleure 250 morts et 800 blessés. Près de 20.000 soldats français sont engagés sur divers fronts qui, tous, engagent les conséquences graves pour la sécurité de la France. Dans de telles conditions, est-il acceptable que le Président de la République, dans l’exercice de ses fonctions, viole ainsi ouvertement l’obligation de secrets qui pèsent sur les décisions les plus sensibles qu’il doit prendre en tant que Chef des Armées ?

Pour mesurer la gravité des « confessions » présidentielles ainsi révélées, il est utile de garder à l’esprit l’extrême rigueur qu’impose notre droit, en cas de divulgations de secrets concernant la défense nationale pour toute autre personne… qui ne serait pas Président de la République. Si, par exemple, un officier de l’une de nos unités de l’Armée française, un responsable de nos services de renseignement, voire l’un de nos diplomates n’avait révélé que le quart de la moitié des secrets de défense nationale que le Président de la République a lui-même divulgués, il serait menacé de poursuites.

Il n’y a aucune raison, face à de tels degrés d’incompétence répétés, mais surtout de mise en péril de nos forces armées et de notre pays tout entier, de ne pas en faire autant avec le Président actuel.