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Je suis intervenu ce matin lors de la réunion de la commission des affaires économiques sur la proposition de résolution européenne relative à la suppression des quotas laitiers.

Pour rappel, l'industrie laitière française représente environ 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. La filière laitière compte 250.000 emplois répartis sur tout le territoire, la France produit environ 25 milliards de litres de lait par an

Or, les producteurs subissent la crise depuis plusieurs années avec une baisse importante du prix du lait. En avril 2015, le prix du litre est passé en-dessous de la barre symbolique des 30 cts d’euros. De ce fait, si, en théorie, une suppression des quotas laitiers (mis en place en 1984)signifie que les éleveurs laitiers pourront produire autant de lait qu'ils le souhaitent, en pratique cela leur sera beaucoup plus difficile du fait, justement, de la chute des cours.

Aussi, pouvons-nous nous demander quels ont été les différents outils mis en place au niveau européen ainsi qu’au niveau national afin de gérer « l’après-quotas laitiers ».

Et les problèmes du lait étant indissociables de ceux de l’élevage, il y a urgence à trouver des réponses relatives à l’engorgement du marché européen en matière de vaches laitières, puisqu’on estime qu’elles sont en Europe plus de 800.000 de trop. Des projets doivent être examinés comme ceux qui envisagent une alternative humanitaire qui consisterait à transférer ces animaux là où il y en a besoin, tout en dégageant le marché européen.

Le Gouvernement français ne donne pas le sentiment, dans ces conditions, de bien poser les problématiques. Sur la question du redressement des cours, par exemple, il y aurait de vraies réponses à apporter dès lors que l’on s’attaque aux sujets de fond. Il faudrait, favoriser l’exportation vers les pays tiers. On dirait que rien n’est fait à ce sujet. Qu’en est-il du marché turc, pourtant très porteur, et actuellement fermé ?

Dans cette période de mutation, il est malheureusement obligatoire de freiner toute production. Le Gouvernement français et la Commission européenne doivent se pencher sérieusement sur la question sans se contenter d’appliquer des directives qui ne signifient pas grand-chose pour le quotidien des éleveurs ou des producteurs de lait.