En tant que Président du Groupe « Œnologie et territoires » de l’Assemblée nationale et député d’une région viticole, je suis intervenu auprès du Ministre de l’Agriculture pour lui demander de retirer l’article du projet d’arrêté fixant les conditions d’emploi des produits phytosanitaires. Ce texte prévoit en effet l’instauration d’une zone sur les parcelles de vigne où les traitements seront interdits.

Ce sont ainsi ni plus ni moins plusieurs milliers d’hectares de vignes qui pourraient disparaître, et cela est intolérable pour nos viticulteurs qui comprennent d’autant moins cette mesure, qu’au-delà de pertes de productivité, ses effets sur l’environnement seront à prouver.



Les viticulteurs sont engagés depuis longtemps déjà dans une diminution forte des pesticides et s’adaptent aux réalités du développement durable. Ils sont fermement impliqués dans l’agro-écologie. Leur travail mérite la reconnaissance et non pas la suspicion. Ne nous berçons pas d’illusions : la vigne sans traitement, cela n’est pas possible, ou alors elle risque de disparaitre pas pans entiers.

Tout cela ne fera donc que provoquer un possible recul de la vigne sans rien solutionner aux problèmes d’environnement. Les valeurs de résidus dans le sol, dans l’eau, auront-elles régressé ? En quoi un recul de quelques mètres de vigne peut-il rassurer qui que ce soit ? Les vignes ne sont pas déplaçables..

Ce texte laisse enfin à penser que la vigne est dangereuse et que tout le monde doit s’en tenir à l’écart. Si c’est le cas, il est criminel de laisser les viticulteurs travailler dessus !

Nous avons une nouvelle fois le sentiment que des initiatives mal préparées et dont les conséquences n’ont pas toutes été anticipées risquent de s’appliquer au détriment, une nouvelle fois, des viticulteurs de nos territoires.