Le projet de budget pour 2017 que Michel Sapin, le Ministre des Finances, a présenté récemment à la presse, et dont nous allons commencer la discussion à l’Assemblée nationale, traduit un échec cuisant de la majorité.

En maintenant pour 2017 la prévision de croissance d’avril du programme de stabilité à 1,5 %, Messieurs Sapin et ses amis contredisent toutes les organisations internationales, ainsi que les instituts de conjoncture, qui ont abaissé leurs prévisions, en septembre, à 1,2 %.



Le gouvernement accumule, par ailleurs, des mesures nouvelles dont le coût est reporté sur la prochaine majorité. Rarement, un budget de fin de mandat n’aura contenu autant de mesures impactant aussi significativement le quinquennat suivant (de l’ordre de 10 Md€). L’accumulation des annonces électoralistes non financées traduit l’irresponsabilité de ce Gouvernement dans la gestion de nos finances publiques.

Un des rares points sur lequel le gouvernement reste fidèle à sa ligne de conduite est celui de la hausse des impôts, toujours plus lourds, dans tous les domaines, pour les Français. Ce quinquennat a été celui du matraquage fiscal. On se souvient que plusieurs augmentations d’impôts, souvent de manière indirecte et dissimulée, ont été décidé très vite après l’arrivée de François Hollande à la tête de l’Etat, comme l’abrogation de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui a rendu 230.000 foyers fiscaux imposables en 2013, le double abaissement du plafond du quotient familial, qui s'est traduit par une hausse moyenne d'impôt de presque 1.200 € par an pour près de 1,4 million de familles, la création d'une tranche de l'impôt sur le revenu à 45 %, la hausse du taux normal de la TVA à 20 %, la taxe à 75 %, etc.

Enfin, en plus de surtaxer tout ce qui s’apparente à de la richesse ou du gain dans ce pays, Messieurs Hollande, Valls et Sapin font aussi et surtout preuve d’un amateurisme et d’une incohérence rares. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, les artisans s’insurgent-ils à raison contre une disposition du projet de loi qui réintroduit un plafonnement des droits à la formation des chefs d'entreprises artisanales, supprimé dans la loi Travail, promulguée il y un peu plus d’un mois !. Le gouvernement accepte ainsi le déplafonnement puis revient dessus.

Ce budget va plomber gravement les finances publiques du pays et des ménages. Et malheureusement, les conséquences seront multiples comme la baisse de la consommation, de l’activité et, mécaniquement, une hausse du chômage.