Les discussions de la 50ème session de l’ICANN concernant l’ouverture des nouveaux noms de domaine « .vin » et « .wine » se sont terminées il y a quelques heures.

La France n'a pas réussi à obtenir satisfaction dans son combat contre la délégation des « .vin » et « .wine », dont elle estime qu'ils ne sont pas entourés des précautions nécessaires pour éviter la violation des indications géographiques protégées.

Concrètement, cela signifie que n'importe quel titulaire d'un site internet pourra l'appeler par un nom se terminant en ".vin" ou ".wine" et, ainsi, concurrencer durement, les réels producteurs de vin qui vendent leurs produits sur internet.

Les gouvernements ne sont donc pas parvenus à trouver un consensus, et cette incapacité à s’entendre va encourager le développement de phénomènes comme la tromperie du consommateur, le détournement de la notoriété et la contrefaçon.

Nous sommes très déçus, en premier lieu pour nos vignerons. Ils ont en effet le sentiment que d’autres intérêts ont pris le pas sur les leurs et ceux des consommateurs.

Néanmoins, nous restons très déterminés. En tant qu’élu d’une région viticole et Président du Groupe « Œnologie et territoires » de l’Assemblée nationale, j’ai signé la déclaration commune des élus du vin pour soutenir les viticulteurs et vignerons qui ont prévu d’organiser un boycott généralisé de ces noms de domaine.

Le gouvernement français a aujourd’hui un immense travail d’information du consommateur et de blocage des noms de domaine qui seront en infraction avec les lois nationales et européennes.

Les responsables viticoles, eux, doivent se mobiliser avec l’ensemble des secteurs agricoles, car ils ne sont pas les seuls concernés et menacés par l’absence de toute règle sur internet. Certains producteurs de café et de l’agroalimentaire, dont le savoir-faire est reconnu à travers le monde, les règles de production encadrées, s’inquiètent sur la protection du nom de leurs produits.

Il faut absolument obtenir des dirigeants nationaux et européens une réforme de la gouvernance de l’Internet qui permette d’assurer le développement du commerce tout en préservant la diversité culturelle et alimentaire et le maintien de conditions de concurrence loyale.

Alain Suguenot, Député-Maire de Beaune Président du Groupe « Œnologie et territoires » de l’Assemblée nationale