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La session extraordinaire du Parlement, convoquée pour ce mois de juillet, a accouché d'une souris !

C'est, du reste, la première fois que l'on observe aussi peu de textes inscrits à l’ordre du jour lors d'une telle session. Et ce sont en plus des textes inappropriés.

Non seulement ils ne répondent pas à l'urgence de la situation économique du pays, mais ils risquent de l'aggraver de manière très sensible.

Le texte sur le harcèlement sexuel, s'il est un texte important, n'est certainement pas celui qui aurait dû être discuté actuellement, lorsque la priorité absolue est de se concentrer sur la crise économique qui secoue notre pays. Le précédent Gouvernement, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, l'avait bien compris, et je peux vous dire, pour avoir été témoin de ces moments, que le problème était réellement pris à bras le corps, "le taureau était réellement pris par les cornes", comme l'on dit. __ Le Gouvernement a choisi dans le même temps de relever de manière conséquente les impôts (plus de 7 milliards de hausse à l'automne) tout en supprimant la défiscalisation des heures supplémentaires__, qui permettait une hausse du pouvoir d'achat de beaucoup de nos concitoyens.

Personnellement, je m’opposerai à la suppression de cette dernière. Je présenterai, avec plusieurs de mes collègues de l'opposition, un amendement contraire lors du débat à l’Assemblée Nationale. Depuis 1997, les 35 heures ont coupé le monde du travail en deux. D’un côté, 15 millions de Français sont passés aux 35 heures payées 39, ce qui coûte chaque année 12 milliards d’euros aux finances publiques. De l’autre, 9 millions et demi ont continué de travailler 39 heures, dont 4 heures ont été payées en heures supplémentaires.

Depuis 2007, Nicolas Sarkozy a bonifié ces 4 heures supplémentaires en les exonérant de charges sociales et en les défiscalisant. Le pouvoir d’achat des bénéficiaires a augmenté en moyenne de 450 euros par an. Revenir sur cette mesure serait donc une injustice sociale majeure. De plus, parmi les 9 millions et demi de bénéficiaires, figurent au premier rang les membres de la fonction publique hospitalière, largement désorganisée par l’application brutale des 35 heures. Ce sont ces heures supplémentaires défiscalisées qui ont permis à nos hôpitaux de continuer de fonctionner.

Plus généralement, les agents de la fonction publique vont devenir les premières victimes de la décision que ce gouvernement socialiste s’apprête à prendre, ce qui est quand même assez extraordinaire, surtout si l'on se remémore les discours de critiques systématiques portés pendant 5 ans par ces mêmes socialistes sur la volonté supposée du Gouvernement de François Fillon de "casser les services publics . . ." Tous les jours, les masques tombent et l'incompétence et le décalage avec les Français de la part de ce gouvernement apparait aux yeux de tous : avec les socialistes au pouvoir, les fonctionnaires de l’administration française sont moins bien lotis qu’avec le précédent gouvernement : il est important de le souligner !

En résumé, là où il faudrait agir (vraies mesures de soutien à l'économie), le Gouvernement ne fait rien ; et, en parallèle, il s'attaque au pouvoir d'achat et à l'emploi en supprimant la défiscalisation des heures supplémentaires.

Quelle est, dans ces conditions, la stratégie du Gouvernement ? On navigue complètement à vue.

Et ce n'est pas le sommet social qui y changera quoi que ce soit. Chaque gouvernement rencontre les syndicats lors d'une nouvelle mandature, c'est un non-évènement total.